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Tome premier.
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CHAPITRE VIII. iç )5

retirer plus tranquillement pendant la nuit.Ne pouvant persuader son chef, il alla témé-rairement planter sa tente sur le bord de laLuczissa , presque au milieu des ennemis.Cette position plut à son désir d’entendre lespremiers bruits de leur retraite, à son espoirde la troubler, et à son caractère aventureux.

Murat se trompait, et il parut avoir le mieuxvu ; Napoléon avait raison , et l’événement luidonna tort : tels sont les jeux de la fortune.L’empereur des Français avait bien jugé desintentions de Barclay. Le général russe, croyantBagration vers Orclia, s'était décidé à se battrepour lui donner le temps de le joindre. Cefut la nouvelle, qu’il reçut le soir, delà re-traite de Bagration par Novoï-Bickof, versSmolensk , qui changea subitement sa déter-mination.

En effet, le 28 , dès l’aurore , Murat fit direà l’empereur qu’il allait poursuivre les Russes ,qu’on n’apercevait déjà plus : Napoléon per-sévéra dans son opinion , s’obstinant à pré-tendre que toute Tannée ennemie était là ,et qu’il fallait avancer prudemment : cela litperdre du temps. Enfin il monta à cheval ;chaque pas détruisit son illusion ■. il se trouvabientôt au milieu du camp que Barclay venaitd’abandonner.

Tout y attestait la science de la guerre : sonheureux emplacement, la symétrie de toutesses parties, l’exacte et exclusive observation