iga LIVRE IV.
court. L'avant-garde russe se retira précipi-tamment derrière le ravin de la Luczissa, pourne pas y être jetée. Alors l’armée ennemie setrouva toute réunie sur l’autre rive ; elle pré-sentait quatre-vingt mille hommes.
Leur contenance audacieuse , dans une forteposition, et devant une capitale, trompa Na-poléon : il crut qu’ils tiendraient à honneurde s’y défendre. Il n’était que onze heures ;il lit cesser l’attaque , afin de pouvoir parcou-rir paisiblement tout le front de la ligne, etde se préparer à un combat décisif pour lejour suivant. D’abord, il s’alla placer sur untertre parmi les tirailleurs, au milieu desquelsil déjeuna. Delà, il observait l’ennemi, dontune balle blessa l’un des siens, fort près delui. Les heures suivantes furent employées,à reconnaître le terrain, et à attendre les au-tres corps d’armée.
Napoléon annonçait une bataille pour lelendemain. Ses adieux à Murat furent ces pa-roles : « A demain à cinq heures, le soleil» d’Austerlitz ! » Elles expliquent cette sus-pension d’hostilités au milieu du jour, aumilieu d’un succès qui animait les soldats.Eux , furent étonnés de cette inaction , à l’in-stant où ils avaient atteint une armée, dontla fuite les épuisait. Murat, que chaque jourun espoir pareil avait déçu, fît observer àl’empereur que Barclay ne se montrait si au-dacieux à cette heure, qu’alin de pouvoir se