CHAPITRE I. 209
» drapeaux? Il fallait donc éblouir prompte-» ment par l’éclat d’une grande -victoire , et» cacher sous un amas de lauriers tant de sa-» crifices. »
Dès lors, à Yitepsk c’est l’ennui, c’est toutela dépense, ce sont tous les inconvénients ,toutes les inquiétudes d’une position défen-sive qu’il considère ; à Moscou , c’est la paix ,l’abondance , les frais de la guerre , et unegloire immortelle. Il se persuade qu'il n’y aplus pour lui de prudence que dans l’audace;qu’il en est de toutes les entreprises hasar-deuses , comme des fautes qu’on risque tou-jours à commencer et qu’on gagne souvent àachever; que moins elles ont d’excuse, plusil leur faut de succès. Qu’il fallait donc con-sommer celle-ci, l’outrer , étonner l’univers ,atterrer Alexandre de son audace , et arracherun prix qui pût compenser tant de pertes.
Ainsi, le même danger qui peut-être auraitdû le rappeler sur le Niémen , ou le fixer surla Düna, le pousse sur Moscou ! C’est lepropre des fausses positions ; tout y est péril :témérité , prudence, on n’a plus que le choixdes fautes ; il ne reste plus d’espoir que danscelles de l’ennemi et dans le hasard.
Alors décidé , il se relève soudainement ,comme pour ne pas laisser à ses réflexions lelemps de lui rendre une pénible incertitude,et déjà tout rempli du plan qui doit lui livrersa conquête, il court à ses cartes : elles lui
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