208 LIVRE V.
quelque chose ou quelqu'un qui le décide.
Enfin, tout surchargé du poids d v une siconsidérable pensée, et comme accablé d’unesi grande incertitude , il s’est jeté sur un deslits de repos qu'il a fait étendre sur le parquetde ses chambres ; son corps , qu’épuise lachaleur et la contention de son esprit, n'agardé qu’un léger vêtement ; c’est ainsi qu’ilpasse à Vitepsk une partie de ses journées.
Mais quand son corps est en repos , son es-prit est encore plus actif. « Que de motifs le» précipitent vers Moscou ! comment sup-» porter àVitepsk rennuideseptmoisd’hiver!» lui qui jusqu’alors a toujours attaqué , il va» donc être réduit à se défendre , rôle indigne» de lui, dont, il n’a pas l'expérience , et qui» convient mal à son génie.
» D ailleurs à Vitepsk , rien n'est décidé ,» et pourtant à quelle distance se trouve-t-il» déjà de la France ! l’Europe le verra donc» enfin arrêté, lui que rien n’arrêtait ! La» durée de cette entreprise n’en augmenlait-« elle pas le danger? laissera-t-il à la Russie » le temps de s’armer tout entière? jusques» à quand pourra-t-il prolonger cette position» incertaine , sans diminuer le prestige de son» infaillibilité, qu’affaiblissait déjà la résis-» tance de l’Espagne , et sans faire naître eni> Europe un dangereux espoir ? qu’allait-ou» penser en apprenant que le tiers de son ar-» mée , malade ou dispersé , manquait aux