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Tome premier.
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CHAPITRE I. 253

avec tant de précipitation, l’ordre intérieur nepouvant exister au milieu d’un désordre gé-néral .

Jusqu’à Liady, les bourgs nous parurent plusjuifs que polonais ; les Lithuaniens fuyaientquelquefois à notre approche ; les juifs res-taient : rien n’aurait pu les résoudre à aban-donner leurs misérables demeures; on les re-connaissait à leur prononciation grasse, àleur élocution voluble et précipitée , à la vi-vacité de leurs mouvements, à leur teint qu’é-eliaufie la vile passion du gain. On remarquaitsurtout leurs regards avides et perçants, leursfigures et leurs traits alongés en pointes ai-guës, que ne peut ouvrir un sourire malicieuxet perfide ; et cette taille longue, souple etinaigre , cette démarche empressée; enfin leurbarbe ordinairement rousse, et ces longuesl'obes noires, que retient autour de leurs reinsUne ceinture de cuir : car tout, hors leur sa-leté , les distingue des paysans lithuaniens ;fout rappelle en eux un peuple dégradé.

Ils semblent avoir conquis la Pologne , oùfis pullulent et dont ils sucent toute 1Æ sub-stance. Jadis leur religion, aujourd’hui le sou-venir d’une réprobation, trop long-temps uni-verselle , les ont faits ennemis des hommes :autrefois, c’était par les armes qu’ils les atta-blaient, àprésent, c’est par la ruse. Cette racees t en horreur aux Russes , peut-être parce-lu elle est presque iconoclaste , tandis que

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