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Tome premier.
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‘i 5LIVRE VI.

L’empereur couclia dans sa tente en avantde Rassasna ; le lendemain l’armée marcha en-semble, prête à se ranger en bataille, l’empe-reur à cheval au milieu. L’avant-garde chassadevant elle deux pulks de Cosaks , qui ne ré-sistaient que pour avoir le temps de détruiredes ponts, et quelques meules de fourrages.Lesbourgs, oùl’on remplaçaitl’ennemi, étaientaussitôt pillés ; on les dépassait en toute hâteet en désordre.

On traversait les cours d'eau à des guésbientôt gâtés ; les régiments qui venaient en-suite, passaient ailleurs , où ils pouvaient; ons’en inquiétait peu : l’état-major-général» né-gligeait ces détails; personne ne restait pourindiquer le danger s’il y en avait, ou le che-min, s’il en existait plusieurs. Chaque corpsd’armée semblait n’être là que pour lui ; cha-que division pour elle seule, chacun poursoi, comme sidusort de l’un n’eût pas dépenducelui de l’autre.

On laissait partout des traîneurs, des hom-mes égarés, près desquels les officiers pas-saient indifféremment ; il y aurait eu trop àreprendre : on avait trop à faire personnel-lement pour s’occuper des autres. Beaucoupde ces hommes isolés étaient des maraudeurs |qui feignaient une maladie, ou une blessure ,pour s’écarter ensuite; ce qu’on n’avait pas letemps ’d’cmpêcher, et ce qui arrivera toujoursdans ces grandes foules qu’on pousse en avant