242 LIVRE VI.
faire de chacun , et tous se croyaient le droitd’examiner. Ainsi leur malheur se défiait de laprudence de leur général, quand, à l’excep-tion de quelques chefs, notre bonheur se li-vrait aveuglément à l’audace , jusque-là tou-jours heureuse, du nôtre : car dans le succès,le commandement est facile ; personne n’exa-mine si c’est prudence ou fortune qui conduit.Telle est la position des chefs : heureux, tousleur obéissent aveuglément; malheureux, tousles jugent.
Toutefois , entraîné par l’impulsion géné-rale , Barclay venait d’y céder un instant, deréunir ses forces vers Rudnia, et de tenter desurprendre l’armée française dispersée. Maisle faible coup que son avant-garde vient defrapper à Inkowo , l’a épouvanté. Il tremble ,s’arrête, et croyant à tout moment voir ap-paraître Napoléon en face de lui, sur sa droite,et partout, hors sur sa gauche, qu’il penseêtre couverte par le Dnieper , il perd plusieursjours en marches et en contre-marches. Il hé-sitait ainsi, quand tout-à-coup les cris de dé-tresse de Newerowskoï retentirent dans soncamp. 11 ne fut plus question d'attaquer; oncourut aux armes , et l’on se précipita vers. Smolensk pour la défendre.
Déjà Murat et Ney attaquaient cette ville-Le premier avec sa cavalerie, et du côté où I eBorysthène entre dans ses murs, le second ■'sa sortie, avec son infanterie, et sur un ter