ïSi LIVRE VI.
bruit de ce glorieux applaudissement arrivajusqu’à nos colonnes d’attaque. Il récompensale dévouement de ces guerriers , et quoiquedans une seule brigade, celle de Dalton, etdans l’artillerie de Reindre cinq cliefs de ba-taillon , quinze cents hommes , et le générallui-même fussent tombés , ceux qui survécu-rent disent encore , que cet hommage de l’en-thousiasme qu’ils excitèrent est pour eux unecompensation suffisante à tous les maux qu’ilsont endurés.
Parvenu jusqu’aux murs de la place , on semit à couvert de ses feux en se servant desouvrages et des bâtiments extérieurs qu’onvenait d’enlever. La fusillade continuait ; sonpétillement, redoublé par l’écho des murail-les, paraissait de plus en plus vif. L’empereuren fut fatigué ; il voulut retirer ses troupes.Ainsi, la faute que Ney avait fait commettrela veille à un bataillon, venait d’être répétéepar l’armée entière ; l’une avait coûté trois àquatre cents hommes , la seconde cinq à sixmille ; mais Davout persuada à l’empereur depersévérer dans son attaque.
La nuit vint, Napoléon se retira dans satente, qu’on avait fait placer plus prudem-ment que la veille, et le comte de Lobau,maître du fossé , mais qui n’y pouvait plus te-nir , fit jeter des obus dans la ville pour endéloger l’ennemi. Ce fut alors que l’on vits’élever de plusieurs points d’épaisses et noires