CHAPITRE IV. 253
colonnes de fumée , qu’éclairèrent ensuite ,par intervalles, des lueurs incertaines, puisdes étincelles ; enfin de longues gerbes de feujaillirent de toutes parts. C’était comme ungrand nombre d’embrasements. Bientôt ils seréunirent et ne formèrent plus qu’une vasteflamme qui s’élevait en tourbillonnant, cou-vrait Smolensk , et la dévorait tout entièreavec un sinistre bruissement.
Un si grand désastre , qu’il crut son ouvra-ge , effraya le comte de Lobau. L’empereur,assis devant sa tente, contemplait silencieu-sement cet horrible spectacle. On ne pouvaitencore en déterminer ni la cause , ni le résul-tat, et l’on passa la nuit sous les armes.
Vers trois heures du matin , un sous-offi-cier de Davout se hasarda jusqu’au pied de lamuraille, et l’escalada sans bruit. Enhardi parle silence qui régnait autour de lui, il pénétradans la ville ; tout-à-eoup plusieurs voix etl’accent slavon se font entendre, et le Fran-çais , surpris et environné, crut n’avoir plusqu’à se faire tuer ou à se rendre. Mais alorsles premiers rayons du jour lui montrèrent,dans ceux qu’il croyait des ennemis , les Po-lonais de Poniatowsky. Les premiers ils avaientpénétré dans la ville que Barclay venait d’a-bandonner.
Smolensk reconnue et ses portes déblayées,l’armée entra dans ses murs : elle traversa cesdécombres fumants et ensanglantés, avec son
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