CHAPITRE Y. a5 7
» quelle position se déterminerait-il à dispu-» ter? lui qui abandonnait cette Smolensk ,» appelée par lui-même Smolensk la sainte ,» Smolensk la forte ; cette clef de Moscou !i> ce boulevard de la Russie , annoncé comme» le tombeau des Français ! on allait voirl’ef-)> fet de cette perte sur les Russes ; on verrait» leurs soldats lithuaniens , ceux même de« Smolensk , déserter de leurs rangs, indi-» rnés de l’abandon sans combat de leur ca-
O
« pitale. »
Napoléon ajouta : « que des rapports cer-ii tains avaient fait connaître la faiblesse des« divisions russes; que déjà la plupart étaienth entamées ; qu’elles se faisaient détruire enh détail ; que bientôt Alexandre n’aurait, plush d’armée. Les ramassis de paysans, armés de» piques , qu’on venait de voir à la suite dea leurs bataillons , montraient assez où leurs» généraux en étaient réduits. »
Pendant que l’empereur discourait ainsi ,les balles des tirailleurs russes sifflaient autourde sa tète ; mais sou sujet l’emportait. Il s'a-charnait sur le général et sur l’armée enne-mie, comme s’il eût pu la détruire par ses rai-sonnements, ne l'ayant pu par la victoire : onne lui répondit pas ; il était évident qu’il ne'cherchait pas de conseils ; on voyait qu’il s’étaittout dit à lui-même ; qu’il se débattait contreses propres réflexions , et que par ce torrent■de conjectures , il cherchait à s'en imposer, et
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