5o8 LIVRE VII.
De là des haines , d'où l’on aurait infaillible»ment vu naître des guerres- intestines , fortsanglantes , si tous n’avaient pas ensuite étéabattus par une même infoi'tune, et réunis dansl’horreur d’un même désastre.
En attendant leurs détachements , les sol-dats restés autour de leurs aigles vivaient dece qu’ils trouvaient sur la route militaire ; leplus souvent c’étaient des grains de seigle nou-veau , qu’ils écrasaient et faisaient bouillir. Laviande manqua moins que le pain , à cause desbestiaux qui suivirent ; mais la longueur,.etsurtout la rapidité des marches, lit perdre beau-coup de ces animaux ; la chaleur et la pous-sière les suffoquèrent : quand alors ils rencon-traient de l’eau, ils s’y précipitaient avec unetelle fureur que beaucoup s’y noyèrent; d’au-tres s’en remplissaient si immodérément, qu’ilsenflaient et ne pouvaient plus marcher.
On remarqua, comme avant Smolensk , queles divisions du premier corps restaient lesplus nombreuses ; leurs détachements , plusdisciplinés , rapportaient plus , et faisaientmoins de mal aux habitants. Ceux qui étaientrestés au drapeau vivaient de leurs sacs , dontla bonne tenue reposait les yeux, fatigués d’un_désordre presque universel.
Chacun de ces sacs , réduit au strict néces-saire , quant aux vêtements , contenait deuxchemises, deux paires de souliers avec des clouset des semelles de rechange , un pantalon et