CHAPITRE V. 35j
n'avoir pas détourné les balles par ses con-jurations, comme il en était expressémentchargé.
Konownitzin battu se retira ; le 5 on suivitses traces sanglantes jusqu’à l’énorme couventde Kolotskoï, fortifié comme ces demeuresl’étaient jadis, dans ces temps gothiques tropvantés, où les guerres intestines étaient si fré-quentes , que tout, jusqu'à ces saints asiles dela paix, était transformé en place de guerre.
Konownitzin, débordé à droite et à gauche,ne tint nulle part, ni à Kolotskoï, ni à Go-lowino; mais quand l'avant-garde déboucha dece village, elle vit toute la plaine et les boisinfestés de Cosaks , les seigles gâtés , les vil-lages saccagés, une destruction générale. Aces signes, elle reconnut le champ de batailleque Kutusof préparait à la grande-armée. Der-rière ces nuées de Scythes , on aperçut troisvillages : ils présentaient une ligne d'unelieue. Leurs intervalles, entrecoupés de ra-vins et de bois , étaient couverts de tirailleursennemis. Dans un premier moment d’ardeur,quelques cavaliers français s’emportèrent jus-qu’au milieu de ces Russes , et allèrent s’yperdre.
Napoléon parut sur une hauteur, d'où ilenvisagea toute cette contrée avec ce coupd’œil des conquérants, qui voit tout à la foiset sans confusion, qui perce à travers les ob-stacles, écarte les accessoires , démêlé le point