CHAPITRE V. 53 7
leur droite et de leur centre ; mais devant leurgauche beaucoup de troupes , un soin marquéde profiter des moindres accidents du terrainpour le disputer, enfin une redoute formida-ble : c’était donc leur côté faible , puisqu’ils lecouvraient avec tant de soin. De plus , c’étaitsur le flanc du grand chemin et sur celui de lagrande-année que se trouvait cette redoute ;tout portait donc à l’enlever, si l’on voulait s’a-vancer : Napoléon en donna l’ordre.
Qu’il faut de paroles à l’historien pour ex-primer le coup d’œil d’un homme de génie !
Aussitôt on se saisit des villages et des bois :à gauche et au centre ce furent l’armée d’Ita-lie , la division Compans, et Murat ; à droite,Poniatowsky. L’attaque fut générale ; car l’ar-mée d'Italie et l’armée polonaise paraissaientà la fois sur les deux ailes de la grande colonneimpériale. Ces trois masses rejetaient sur Bo-rodino les arrière-gardes russes , et toute laguerre se concentrait sur un seul point.
Ce rideau enlevé, on découvrit la premièreredoute russe • trop détachée en avant de lagauche de leur position, elle la défendait sansen être défendue. Les accidents du sol avaientobligé de l’isoler ainsi.
Compans profita habilement des ondulationsdu terrain ; ses élévations servirent de plate-forme à ses canons pour battre la redoute , etd’abri à son infantei’ie pour la disposer en co-lonnes d’attaque. Le 61 e marcha le premier,
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