548 LIVRE VII.
bataille. C’était comme une chose convenue !Pourquoi se faire un mal inutile ! le lende-main ne devait-il pas décider de tout? D’ail-leurs , chacun avait besoin de se préparer ;les différents corps , leurs armes, leurs forces,leurs munitions ; ils avaient à reprendre toutleur ensemble , que la marche a toujours plusou moins dérangé. Les généraux avaient àobserver leurs dispositions réciproques d’atta-que , de défense et de retraite , afin de lesconformer l’une à l’autre et au terrain , et dedonner au hasard le moins possible.
Ainsi, près de commencer leur terriblelutte, ces deux colosses s’observaient attenti-vement , se mesuraient des yeux , et se pré-paraient en silence à un choc épouvantable.
L’empereur, ne pouvant plus douter de labataille, rentre dans sa tente pour en dicterl’ordre. Là, il médite sur la gravité de sa po-sition. Il a vu les deux armées égales. Environcent vingt mille hommes et six cents canonsde chaque côté, Chez les Russes , l’avantagedes lieux, d’une seule langue, d’un mêmeuniforme , d’une seule nation , combattantpour une même cause , mais beaucoup detroupes irrégulières et de recrues. Chez lesFrançais , autant d’hommes, mais plus de sol-dats ; car on vient de lui remettre la situationde ses corps : il a de.vant les yeux le comptede la force de ses divisions; et, comme il nes’agit ici ni d’une revue, ni de distributions,