CHAPITRE VII. 34g
mais d’un combat, cette fois les états n’eusont point enflés. Son armée était réduite, ilest vrai, mais saine, souple , nerveuse , telleque ces corps virils , qui, venant de perdreles rondeurs de la jeunesse, montrent des for-mes plus mâles et plus prononcées.
Toutefois , depuis plusieurs jours qu’il mar-che au milieu d’elle, il l’a trouvée silencieu-se , de ce silence qui est celui d’une grandeattente ou d’un grand étonnement ; commela nature au moment d’un grand orage, oucomme le sont les foules à l’instant d’un granddanger.
Il sent qu’il lui faut du repos , de'quelqueespèce qu’il soit, et qu’il n’y en a plus pourelle que dans la mort ou dans la victoire : caril l’a mise dans une telle nécessité de vaincre,qu’il faut qu’elle triomphe à tout prix. La té-mérité de la position où il l’a poussée est évi-dente : mais il sait que , de toutes les fautes,c’est celle que les Français pardonnent le plusvolontiers ; qu’enün ils ne doutent, ni d’eux ,ni de lui, ni du résultat général, quels quesoient les malheurs particuliers.
D'ailleurs, il compte sur leur habitude etsur leur besoin de renommée, même sur leurcuriosité ; sans doute on veut voir Moscou ,dire qu’on y a été , y recevoir les récompensespromises , la piller peut - être, et surtout ytrouver du repos. Il neleuraplus vu d’enthou-siasme , mais quelque chose de plus ferme ;