CHAPITRE VIII.
Au milieu de cette journée, Napoléon avaitremarqué dans le camp ennemi un mouve-.ment extraordinaire ; en effet, toute l’arméerusse était debout et sous les armes : Kutu-sol', entouré de toutes les pompes religieuseset militaires, s’avançait au milieu d’elle. Cegénéral a fait revêtir à ses popes, et aux ar-chimandrites , leurs riches et majestueux vê-tements, héritage des Grecs. Ils le précèdent,portant les signes révérés de la religion, etsurtout cette sainte image, naguère protectricede Smolensk , qu’ils disent s’être miraculeuse-ment soustraite aux profanations des Français sacrilèges.
Quand le Russe voit ses soldats bien émuspar ce spectacle extraordinaire, il élève lavoix, il leur parle surtout du ciel, seule pa-trie qui reste à l’esclavage. C’est au nom dela religion de l égalité, qu’il cherche à exci-ter ces serfs à défendre les biens de leursmaîtres ; c’est surtout en leur montrant cetteimage sacrée, réfugiée dans leurs rangs, qu’il
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