352 LIVRE VII.
invoque leurs courages et soulève leur indi-gnation.
Napoléon , dans sa bouche, « est un des->1 pote universel ! le tyrannique perturbateur» du monde! un vermisseau, un arclii-rebelle» qui renverse leurs autels , les souille de» sang ; qui expose la vraie arche du Seigneur,» représentée par la sainte image, aux profa-» nations des hommes , aux intempéries des» saisons. »
Puis il montre à ces Russes leurs villes encendres ; il leur rappelle leurs femmes , leur»enfants, ajoute quelques mots sur leur em-pereur, et finit en invoquant leur piété et leurpatriotisme. Vertus d’instinct chez ces peu-ples trop grossiers, et qui n’en étaient encorequ’aux sensations, mais par cela même sol-dats d’autant plus redoutables ; moins distraitsde l’obéissance par le raisonnement; restreintspar l’esclavage dans un cercle étroit, où ilssont réduits à un petit nombre de sensations,qui sont les seules sources des besoins, desdésirs, des idées.
Du reste, orgueilleux par défaut de com-paraison , et crédules, comme ils sont or-gueilleux , par ignorance. Adorant des ima-ges , idolâtres autant que des chrétiens peu-vent l’être : car cette religion de l’esprit ,tout intellectuelle et morale, ils l’ont faitetoute physique et matérielle , pour la mettreà leur brute et courte portée.