556 LIVRE VII.
féré Beningsen. Puis il songe à la situation décritique où il s’est jeté , et il ajoute « qu’une an» grande journée se prépare ; que ce sera co» une terrible bataille. » Il demande à Rapp ni!s'il croit à la victoire ? — « Sans doute , lui» répond celui-ci , mais sanglante ! » Et deNapoléon reprend : « Je le sais , mais j’ai en» quatre-vingt mille hommes ; j’en perdrai qt» vingt mille, j’entrerai avec soixante mille re» dans Moscou ; les traîneurs nous y rejoin- se» dront , puis les bataillons de marche, et cr« nous serons plus forts qu’avant la bataille. » “
Il parut ne comprendre dans ce calcul ni sagarde , ni la cavalerie. Alors , ressaisi parsa première inquiétude , il envoie encoreexaminer l’attitude des Russes ; on lui ré-pond que leurs feux jettent toujours le même 1éclat, et qu’à leur nombre et à la multitudedes ombres mobiles qui les entourent , onjuge que ce n’est point une arrière-garde seu-lement, mais une année entière qui les attise. TLa présence de l’ennemi tranquillisa enfin c<l’empereur , et il chercha quelque repos. P
Mais les marches qu’il vient de faire avec i ^l’armée, les fatigues des nuits et des jours Pprécédents , tant de soins , une si grande at- *tente , l’ont épuisé ; le refroidissement de el’atmosphère l’a saisi ; une fièvre d’irritation , : 11
une toux sèche , une violente altération , le j Sconsument. Le reste de la nuit, il cherche jvainement à étancher la soif brûlante qui le