CHAPITRE X. 365
enfin , après des ordres et des contre-ordresréitérés à sa jeune garde, il crut que la pré-sence des forces de Friand et de Maubourgsur les hauteurs suffirait, l'instant décisif nelui paraissant pas venu.
Mais Kutusof profite de ce sursis qu’il nedevait point espérer ; il appelle au secours desa gauche découverte toutes ses réserves , etjusqu’à la garde russe. Bagration , avec tous sesrenforts , reforme sa ligne; sa droite s’appuieà la grande batterie qu’attaquait le prince Eu-gène , sa gauche au bois qui termine le champde bataille vers Psarewo. Ses feux déchirentnos rangs ; son attaque est violente, impé-tueuse, simultanée : infanterie , artillerie ,cavalerie, tous font tjn grand effort. Ney etMurat se raidissent contre cette tempête ; ilne s’agit plus pour eux de poursuivre la vic-toire , mais de la conserver.
Les soldats de Friand, rangés devant Se-menowska, repoussent les premières charges ;mais, assaillis par une grêle de balles et demitraille , ils se troublent : un de leurs chefsse rebute et commande la retraite. Dans cetinstant critique, Murat court à lui, et, lesaisissant au collet, il lui crie : « Que faites-» vous! « Le colonel, montrant la terre cou-verte de la moitié des siens , lui répond :« Vous voyez bien qu'on ne peut plus tenir
» i c j_« Eh ! j’y reste bien, moi ! » s’écrie le
roi. Ces mots arrêtèrent cet officier; il regarda
3i.