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» ses ordres languissamment, au milieu de« ces épouvantables bruits de guerre qui lui» semblent étrangers. » A ce récit qu'on rap-porte à Ney, celui-ci, furieux, et emportépar son caractère ardent et sans mesure, éclate:« Sont-ils donc venus de si loin pour se con-» tenter d’un champ de bataille? Que fait l’em-» pereur derrière l’année? Là , il n’est à por-» tée que des revers, et non des succès. Puis-» qu’il ne fait plus la guerre par lui-même ,» qu’il n’est plus général, qu'il veut faire par-» tout l’empereur, qu’il retourne aux Tuile -x ries et nous laisse être généraux pour lui! «
Murat fut plus calme : il se souvenait d’avoirvu l’empereur parcourir, la veille, le frontde la ligne ennemie, s’arrêter plusieurs fois,descendre de cheval, et , le front appuyé surses canons, y rester dans l’attitude de la souf-france. Il savait l'agitation de sa nuit, et qu’unetoux vive et fréquente coupait sa respiration.Le roi comprit que la fatigue et les premièresatteintes de l’équinoxe avaient ébranlé sontempérament affaibli, et qu’enfin, dans cemoment critique, l’action de son génie étaitcomme enchaînée par son corps , affaissé sousle triple poids de la fatigue , de la fièvre et d’unmal qui , de tous, est celui qui peut-être abat leplus les forces physiques et morales de l’homme.
Pourtant les excitations ne lui manquèrentpas ; car, aussitôt après Belliard, Daru , poussépar Dumas et surtout par Berthier, dit à voix