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Tome premier.
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CHAPITRE XII. 58i

trois généraux avaient été tués ou blessés.Quel deuil dans Paris ! quel triomphe pourses ennemis ! quel dangereux sujet de penséespour l’Allemagne ! Dans son armée , jusquedans sa tente, sa victoire est silencieuse, som-bre, isolée, même sans flatteurs!

Ceux qu’il a fait appeler, Dumas , Daru ,écoutent et se taisent : mais leur altitude,leurs yeux baissés, leur silence, n’étaientpoint muets.

Il était dix heures. Murat, que douze heu-res de combat n’avaient pas éteint, vint en-core lui demander la cavalerie de sa garde.« L’armée ennemie, dit-il, passe en hâte et3i en désordre la Moskwa ; il veut la surpren-3» dre et l’achever. » L’empereur repoussacette saillie d'une ardeur immodérée ; puis ildicta le bulletin de cette journée.

11 se plut à apprendre à l’Europe que nilui ni sa garde n’avaient été exposés. Quel-ques-uns attribuèrent ce soin à une recher-che d’amour-propre. Les înieux instruits enjugèrent autrement; ils ne lui avaient guèrevu de passion vaine ou gratuite : ils pensèrentqu’à cette distancé, et à la tête d’une arméed’étrangers, qui n’avait d’autre lien que lavictoire, un corps d’élite et dévoué lui avaitparu indispensable à conserver.

En effet, ses ennemis n’auraient plus rienà espérer des champs de bataille, ni sa mort,puisqu’il n’avait pas besoin de s’exposer pour