CHAPITRE XIII. 38g
maître ; il envoya dire à l'empereur d'v venircoucher. Mais l'arrière-garde russe avait prisposition en avant des murs de cette ville, der-rière laquelle on voyait sur une hauteur toutle reste de leur armée. Ils couvraient ainsi lesroutes de Moscou et de Kalougha.
Peut-être Kutusof hésitait-il entre ces deuxroutes , ou voulait-il nous laisser dans 1 incer-titude sur celle qu’il aurait suivie ; ce qui ar-riva. D’ailleurs les Russes tenaient à honneurde ne coucher qu’à quatre lieues du champ denotre victoire. Cela leurdonnait aussi le tempsde désencombrer la route derrière eux , et dedéblayer leurs débris.
Leur attitude était ferme et imposante ,comme avant la bataille ; ce qu’il fallut admi-rer, mais ce qui tenait aussi à la lenteur quenous avions mise à quitter le champ de Boro-dino, et à une profonde ravine qui se trouvaitentre eux et notre cavalerie. Murat, n’aperçutpas cet obstacle; un de ses officiers, le généralDery, le devina. 11 alla reconnaître le terrainjusqu’aux portes de la ville , sous les baïon-nettes russes.
Mais le roi , fougueux comme au commen-cement de la campagne et de sa vie militaire ,n’en' tint compte : il appelait sa cavalerie ; illui criait avec fureur d’avancer, de charger ,d’enfoncer ces bataillons, ces portos , ces mu-railles ! son aide-de-camp lui objectait en vainl'impossibilité; il lui montrait cette armée sur
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