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Tome premier.
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CHAPITRE XIII. 3gi

Quelqu'un l’arrêta , en lui montrant l’ar-rière-garde ennemie entre lui et la ville , etderrière , les feux d’une armée de cinquantemille hommes. Ce spectacle constatait l’insuf-lisance de sa victoire, et le peu de décourage-ment de l’ennemi : il y parut insensible ; ilécouta les rapports d’un air affaissé et laissafaire; puis il retourna se coucher dans un vil-lage à quelques pas de là, et à portée des feuxennemis.

L’automne des Russes venait de l'emporter;sans lui, peut-être la Russie tout entière eûtfléchi sous nos armes aux champs de la Mos-kwa : son inclémence prématurée vint singu-lièrement à propos au secours de leur empire.Ce fut le 6 septembre , la veille même de lagrande bataille ! un ouragan annonça sa fataleprésence. Il glaça Napoléon . Dès la nuit quiprécéda cette bataille décisive , on a vu qu’unefièvre fatigante brûla son sang , agita ses es-prits , et qu’il en fut accablé pendant le com-bat ; cette souffrance , jointe à une autre pluscruelle , arrêta ses pas et enchaîna son géniependant les cinq jours qui suivirent : aprèsavoir préservé Iiutusof d’une ruine totale àBorodino , elle lui donna le temps de rallierles restes de sofa armée, et de les dérobera no-tre poursuite.

Le 9 septembre nous montra Mojaïsk deboutet ouverte ; mais en-deçà , l’arrière-garde en-nemie encore sur les hauteurs qui la dominent,