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Tome second.
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CHAPITRE X. 83

le salut de son empire à la possession de cemonument. Pendant les travaux, on remarquaqu'une foule de corbeaux entouraient sanscesse cette croix , et que Napoléon , fatiguéde leurs tristes croassements , s’écria « qu'il« semblait que ces nuées d’oiseaux sinistres» voulussent la défendre. » On ignore , danscette position si critique , quelles étaienttoutes ses peusées , mais on le savait acces-sible à tous les pressentiments.

Ses sorties journalières , qu’éclairait tou-jours un soleil brillant , dans lequel il s’ef-forcait de voir et de montrer son étoile, ne ledisti’ayaient point. Au triste silence de Mos-cou morte , se joignait celui des déserts quil’environnent, et le silence encore plus me-naçant d’Alexandre. Ce n’était point le faiblebruit des pas de nos soldats errants dans cevaste tombeau , qui pouvait tirer notre em-pereur de sa rêverie , l’arracher à ses cruelssouvenirs et à sa prévoyance plus cruelleencore.

Ses nuits surtout deviennent fatigantes. Ilen passe une partie avec le comte Daru, Làseulement , il convient du danger de sa po-sition. « De Yilna à Moscou quelle soumis-» sion , quel point d’appui , de repos ou de» retraite marque sa puissance? C’estun vaste» champ de bataille ras et désert, où son» armée amoindrie reste imperceptible , iso-» lée , et comme égarée dans l’horreur de