CHAPITRE XII. i 7 3
“> mêlés avec des soldats, et marchant à l’aven-» ture , tantôt avec une colonne, tantôt avec“ une autre ; que l’ordre ne pouvant exister11 devant le désordre, cet exemple entraînait11 jusqu’à ces vieux cadres de régiments, qui» avaient traversé toute la guerre de la révo» lution.
» Qu’on entendait dans les rangs les meil-“ leurs soldats se demander pourquoi c’était" à eux seuls à combattre pour assurer la fuite» des autres ; et comment on croyait les en-» courager, quand ils entendaient les cris de» désespoir qui partaient des bois voisins, où» les grands convois de leurs blessés, inutile->' ment traînés depuis Moscou , venaient d’être» abandonnés. Yoila donc le soa't qui les atteii-» dait ; qu’avaient-ils à gagner autour du dra-peau ? Pendant le jour, c’étaient des travaux,» des combats continuels, et la nuit la famine :» jamais d’abris , des bivouacs encore plus11 meurtriers que les combats; la faim et le» froid en repoussaient le sommeil , ou si la» fatigue l’emportait un instant, le repos, quiJ) devait refaii'e , achevait. Enfin l’aigle ne pro-» tégeait plus , il tuait.
» Pourquoi donc s’obstiner autour de lui,» pour succomber par bataillon , par masses ?» il valait mieux se disperser, et puisqu'il n’yavait plus qu’à fuir, disputer de vitesse :11 alors ce ne seraient plus les meilleurs qui!> succomberaient ; derrière eux les lâches ne