CHAPITRE XIII. i83
soldats de Ney. Ils leur communiquèrent leureffroi, tous se précipitèrent vers le Dnieper :et ils s’amoncelaient à l’entrée du pont sanssonger à se défendre , lorsqu’une charge duquatrième régiment arrêta l'ennemi.
Son colonel, le jeune Fezeuzac, sut. rani-mer ces hommes à demi perclus de froid. Là ,comme dans tout ce qui est action, on vit lasupériorité des sentiments de l’ànie sur lessensations du corps; car toute sensation phy-sique portait à se rebuter et à fuir, la naturele conseillait de ses cent voix les plus pres-santes , et pourtant quelques mots d’honneursuffirent pour obtenir le dévouement le plushé roïque. Les soldats du quatrième régimentcoururent en furieux contre l'ennemi, contrela montagne de neige et de glace dont il étaitmaître, et contre l’ouragan du nord, car ilsavaient tout contre eux. Ney lui-même futobligé de les modérer.
Un reproche de leur colonel avait opéré cechangement. Ces simples soldats se dévouaientpour ne pas se manquer à eux-mêmes , par cetJnstinct qui veut du courage dans l’homme ;enfin, par habitude et amour de la gloire. Motbien éclatant pour une position si obscure !car qu’est-ce que la gloire d'un tirailleur quipérit sans témoins, qui n’est, loué, blâmé ouregretté que par une escouade ? mais le cerclede chacun lui suffit : une petite association‘‘enferme autant de passions qu’une grande.
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