igS LIVRE X.
nos coups , se sont jetés avec plus de violencedans le ravin de la Polota, avec lequel ils al-laient pénétrer dans la ville, lorsqu'entin troiscanons , placés en toute liàte contre la tête deleur colonne, et un dernier effort des Suisses les ont repoussés. À cinq heures, tout étaitfini : les Russes s'étaient retirés de toutesparts dans leurs Lois , et quatorze mille hom-mes en avaient vaincu cinquante mille.
La nuit fut tranquille pour tous, mêmepour Saint-Cyr. Sa cavalerie trompée le trom-pait : elle assurait qu’aucun ennemi n’avaitpassé la Duna , ni au-dessus, ni au-dessousde sa position ; ce qui était inexact, car Stein-lieil et treize mille Russes avaient traversé cefleuve à Drissa, et ils le remontaient par sarive gauche, pour prendre en arrière le maré-chal et l’enfermer dans Polotsk , entre eux ,la Düna et Wittgenstein. ’
Le jour du 19 montra celui-ci prenant lesarmes, et disposant toutes ses forces pourune attaque, dont il ne parut pas oser donnerle signal. Toutefois, Saint-Cyr ne se mépritpas à cette apparence; il comprit que ce n’é-taient pas ses faibles retranchements qui ar-rêtaient un ennemi entreprenant et si nom-breux , mais que, sans doute, il attendait l’effetde quelque manœuvre, le signal d’une coopé-ration importante , et qu’elle ne pouvait avoirlieu que sur ses derrières.
En effet, vers dix heures du matin , un