CHAPITRE I. 201
feu. Les deux autres divisions crurent quec'était un signal convenu, en un instant toutela ligne fut embrasée.
Cet incendie dénonça leur mouvement : aus-sitôt toutes les batteries de Wittgenstein ontéclaté, ses colonnes se sont précipitées, sesobus ont mis le feu à la ville ; il a fallu en dé-fendre les flammes pied à pied comme en pleinJour, l’incendie éclairant le combat. Toutefois,la retraite s'est faite en bon ordre : des deuxcôtés elle a été sanglante ; l'aigle russe n'a re-pris possession de Polotsk que le 20 octobre ,a trois heures du matin.
Le bonheur voulut que Steinlieil dormîtpaisiblement au bruit de ce combat, quoiqu’ilput entendre jusqu'aux hurlements des milicestusses. Il ne seconda pas plus l’attaque deWittgenstein pendant toute cette nuit, quecelui-ci, pendant le jour précédent, n’avaitsecondé la sienne. Ce fut quand Wittgensteinavait fini sur la rive droite, quand le pont del'olotsk était abattu , enfin quand Saint-Cyr♦out entier sur la rive gauche , y était aussifort que Steinlieil , que ce général commençaa s’ébranler. Mais de Wrede et six mille Fran-çais le surprirent dans son premier mouve-ment, le culbutèrent pendant plusieurs lieues^ans les bois dont il voulait déboucher, et luiluirent ou tuèrent deux mille hommes