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Tome second.
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222 LIVRE X.

laissaient leurs chevaux marcher en liberté. Ilsse détachèrent insensiblement de leur troupe,sans s’apercevoir de leur isolement ; car laroute était parsemée de traîneurs et d’hommesmarchant à volonté , qu’on avait renoncé àmaintenir en ordre.

Us continuèrent ainsi jusqu'à deux lieuesde Krasnoé ; mais alors, un mouvement sin-gulier qui se passait devant eux , fixa leurs re-gards distraits. Plusieurs des hommes déban-dés s’étaient arrêtés subitement. Ceux qui lessuivaient, les atteignant, se groupaient aveceux ; d'autres déjà plus avancés reculaient surles premiers , ils s’attroupaient ; bientôt ce futune masse. Alors le vice-roi surpris, regardeautour de lui ; il s’aperçoit qu’il a devancéd’une heure de marche son corps d’armée,qu’il n’a près de lui qu’environ quinze centshommes de tous grades , de toutes nations ,sans organisation, sans chefs, sans ordre, sansarmes prêtes ou propres pour un combat, etqu’il est sommé de se rendre.

Cette sommation vient d’être repoussée parune exclamation générale d’indignation ! Maisle parlementaire russe qui s’est présenté seul,a insisté : « Napoléon et sa garde, a-t-il dit,» sont battus ; vingt mille Russes vous envi-« ronnent ; vous n’avez plus de salut que dans» des conditions honorables, et Miloradowitcli» vous les propose ! »

A ces mots, Guyon, l’un de ces généraux