CHAPITRE I. 285
versBorizof, que le bruit de la prise de Minsk se répandit dans l’armée. Alors les chefs eux-mêmes portèrent autour d’eux des regards con-sternés ; leur imagination, blessée par une silongue suite de spectacles affreux , entrevit unavenir plus sinistre encore. Dans leurs entre-tiens particuliers , plusieurs s’écriaient que ," comme Charles XII, dans l’Ukraine , Napo-» léon avait amené son armée se perdre dans' « Moscou . »
Mais d’autres n’attribuaient pas à cette in-cursion nos malheurs actuels. Sans vouloir ex-cuser les sacrifices auxquels on s’était résignédans l’espoir de terminer la guerre en une seulecampagne, ils assuraient « que cet espoir avait» été fondé -, qu’en poussant sa ligne d’opéra-u tion jusqu’à Moscou, Napoléon avait donné
* à cette colonne si allongée une base suffisam-“ ment large et solide.
» Ils montraient, depuis Riga jusqu’à Bo-11 bruisk , la Diina, le Dnieper , l’Ula et la Bé-» rézina qui en marquaient la trace ; ils di-» saient. que Macdonald, Saint-CyretdeWrede,11 que Victor et Dombrowski les y avaient at-
* tendus; c'étaient, enjoignant Schwartzem-“ berg , et même Augereau qui gardait l’in-11 tervalle de l’Elbe au Niémen avec cinquante" mille hommes , près de deux cent quatre-" vingt mille soldats sur la défensive, qui, du“ nord au midi, avaient appuyé l’agression con-“ tre l’orient de cent cinquante mille hommes: