CHAPITRE III. 297
voitures inutiles soient, brûlées , qu’aucun of-ficier n’en conserve plus d’une, qu’on brûlela moitié des fourgons et des voitures de tousles corps, et qu’on en donne les chevaux à1 artillerie de la garde. Les officiers de cettearme ont l’ordre de s’emparer de toutes lesbêtes de trait qu ils trouveront à leur portée,même des chevaux de l’empereur, plutôt qued’abandonner un canon ou un caisson.
En même temps , il s’enfoncait précipitam-ment dans cette obscure et immense forêt deMinsk , où quelques bourgs et de misérableshabitations se sont fait à peine quelques éclair-cies. Le bruit du canon de Wittgenstein laremplissait de ses éclats. Ce Russe accouraitsur le flanc droit de notre colonne mourante,descendant du nord, et nous rapportant l’bi-ver qui nous avait quittés avec Kutusof ; cebruit si menaçant hâtait nos pas. Quarante àcinquante mille hommes, femmes et enfants,s’écoulaient au travers de ces bois , aussi pré-cipitamment que le permettaient leur faiblesseet le verglas qui se reformait,
Ces marches forcées , commencées avant lejour et qui ne finissaient pas avec lui, disper-sèrent tout ce qui était resté ensemble. Onse perdit dans les ténèbres de ces grandes fo-rêts et de ces longues nuits. Le soir on s’ar-rêtait, le matin on se remettait en route dansl’obscurité, au hasard, et sans entendre lesignal ; les restes des corps achevèrent alors