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Tome second.
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CHAPITRE III.

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mes, ne songeant qu’à sauver ou leurs débris ouleur personne ; ils marchaient pêle-mêle avecles soldats , qui ne les apercevaient pas , aux-quels ils n’avaient plus rien à commander, dequi ils ne pouvaient plus rien attendre, tousles liens étant rompus , tous les rangs effacéspar la misère.

Les soldats de Victor et d’Oudinot n’enpouvaient croire leurs regards. Leurs officiers,émus de pitié, les larmes aux yeux , retenaientceux de leurs compagnons que dans cette fouleils reconnaissaient. Ils les secouraient de leursvivres et de leurs vêtemens , puis ils leur de-mandaient où étaient donc leurs corps d’armée?Et quand ceux-ci les leur montraient, n’aper-cevant, au lieu de tant de milliers d’hommes,qu’un faible peloton d’officiers et de sous-offi-ciers autour d’un chef, ils les cherchaientencore.

L’aspect d’un si grand désastre ébranla, dèsle premier jour , les deuxième et neuvièmecorps. Le désordre , de tous les maux le pluscontagieux, les gagna : car il semble que l’or-dre soit un effort "contre la nature.

Et cependant, les désarmés, les mourantsmêmes, quoiqu'ils n’ignorassent plus qu’il fal-lait se faire jour au travers d’une rivière etd’un nouvel ennemi , ne doutèrent pas de lavictoire.

Ce n’était plus que l’ombre d’une armée, maisc’était l’ombre de la grande-armée. Elle ne