3io LIVRE XI.
(le Tchaplitz s’éloigner et disparaître dans lesbois ; et , transporté , il s’écrie : « J’ai trompé» l’amiral ! »
Dans ce premier mouvemént, deux piècesennemies reparurent et firent feu. L’ordre deles éloigner à coups de canon fut donné. Unepremière salve suffit ; c’était une imprudencequ’on fit cesser promptement de peur qu ellene rappelât Tchaplitz ; carie pont était à peinecommencé : il était huit heures, on enfonçaitencore ses premiers chevalets.
Mais l’empereur , impatient de prendrepossession de l’autre rive , la montre auxplus braves. Jacqueminot , aide-de-camp duduc de Reggio , et le comte lithuanien Pred-zieczki, se jetèrent les premiers dans le fleuve,et , malgré les glaçons qui coupaient et en-sanglantaient le poitrail et les flancs de leurschevaux, ils parvinrent au bord opposé. Sourd,chef d’escadron , et cinquante chasseurs du 7 %portant en croupe des voltigeurs , les sui-virent , ainsi que deux faibles radeaux, quitransportèrent quatre cents hommes en vingtvoyages.
L’empereur voulait un prisonnier qu’il pûtquestionner. Jacqueminot avait entendu l’ex-pression de ce désir : à peine a-t-il franchile fleuve, qu’il court sur l'un des soldats deTchaplitz, l’attaque, le désarme, s’en saisit ,et, le plaçant sur l’arçon de sa selle , l’amèneau travers des glaces et du fleuve à Napoléon .