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Tome second.
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CHAPITRE IX. 33i

portées çà et là par la foule, battues par cesflots d’hommes , elles succombèrent sans avoirété seulement remarquées. Dans cet épouvan-table fracas d’un ouragan furieux, de coupsde canon, du sifflement delà tempête, de celuides boulets , des explosions des obus, de vocifé-rations, de gémissements, de jurements effroya-bles, cette foule désordonnée n’entendait pasles plaintes des victimes qu’elle engloutissait.

Les plus heureux gagnèrent le pont, maisen surmontant des monceaux de blessés, defemmes , d’enfants renversés à demi étouffés ,et que dans leurs efforts ils piétinaient encore.Arrivés enfin sur l’étroit défilé, ils se crurentsauvés ; mais à chaque moment, un chevalabattu, une planche brisée ou déplacée arrêtaittout.

Il y avait aussi, à l’issue du pont, sur l’au-tre rive, un marais où beaucoup de chevauxet de voitures s’étaient enfoncés , ce qui em-barrassait encore et retardait l’écoulement.Alors, dans cette colonne de désespérés, quis'entassaient sur cette unique planche de sa-lut , il s’élevait une lutte infernale où les plusfaibles et les plus mal placés furent précipitésdans le fleuve par les plus forts. Ceux-ci , sansdétourner la tête, emportés par l’instinct dela conservation , poussaient vers leur but avecfureur, indifférents aux imprécations de rageet de désespoir de leurs compagnons ou deleurs chefs, qu’ils s’étaient sacrifiés.