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Tome second.
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33 a LIVRE XI.

Mais, d’un autre côté, que de nobles dévoue-ments ! et pourquoi la place et le temps man-quent-ils pour les décrire ! C’est là qu’on vitdes soldats, des officiers même , s’atteler à destraîneaux , pour arracher à cette rive funesteleurs compagnons malades ou blessés. Plusloin , hors de la foule , quelques soldats sontimmobiles, ils veillent sur les corps mourantsde leurs officiers, qui se sont confiés à leurssoins ; ceux-ci les conjurent en vain de neplus songer qu’à leur propre salut ; ils s’y re-fusent, et plutôt que d’abandonner leurs chefs,ils attendent la mort ou l’esclavage.

Au-dessus du premier passage, pendant quele jeune Lauriston se jette dans le fleuve, pourexécuter plus promptement les ordres de sonsouverain , un frêle hatelet de bouleau, chargéd’une mère et de ses deux enfants, sombra sousles glaces ; un artilleur qui luttait comme lesautres sur le pont, pour s’ouvrir un passage ,s’en aperçut ; tout d’un coup, s : oubliant lui-même , il se précipite , s’efforce , et parvientenfin à sauver l’une de ce s trois victimes. C’é-tait le plus jeune des deux enfants : l’infor-tuné appelait sa mère avec des cris de déses-poir, et l’on entendait le brave canonnier luidire, en l'emportant dans ses bras, « qu’il ne» pleurât point, qu’il ne l’avait, pas sauvé de» l’eau pour l'abandonner sur le rivage, qu’ilU ne le laisserait manquerde rien, qu il seraita son père et sa famille. >■