CHAPITRE XII. 345
Ces fondrières arrêtèrent l’ennemi et leforcèrent à se détourner. Aussi, pendant lejour suivant, la marche de Ney et de Maisonlut-elle tranquille. Mais le surlendemain ,i er . décembre, comme ils arrivaient en vuede Pleszczénitzy, voilà qu’ils aperçoivent toutela cavalerie ennemie qui accourt et qui pousseà leur droite Doumerc et ses cuirassiers. Enun instant ils sont débordés et attaqués detoutes parts.
En même temps, Maison voit le village paroù il doit se retirer tout rempli de traîneurs.Il envoie leur crier de fuir promptement ;mais ces malheureux, affamés, n’écoutant,ne voyant rien , refusent de quitter leurs re-pas commencés , et bientôt Maison fut re-poussé sur eux dans Pleszczénitzy. Alorsseulement, à la vue de l’ennemi et au bruitdes obus, tous ces infortunés s’ébranlent à lafois ; ils se précipitent, ils affluent de toutesparts dans la grande rue qu’ils encombrent.
Maison et sa troupe se trouvèrent tout-à-coup comme perdus au milieu de cette fouleeffarée qui les pressait, qui les étouffait etleur ôtait jusqu’à l’usage de leurs armes. Cegénéral n’eut d’autre ressource que de recom-mander aux siens de rester serrés et immo-biles, et d’attendre que le flot se fût écoulé.La cavalerie ennemie joignit alors cette masseet, s’y embourba ; elle n’y put pénétrer quelentement et à force de tuer.