Band 
Tome second.
Seite
371
JPEG-Download
 

CHAPITRE III. 5 7 i

qu’Eugène et Davout , la pitié des Lithuanienset l’avarice des Juifs , ouvrirent quelques re-fuges. Ce fut alors une chose remarquable quel’étonnement de ces infortunés, en se retrou-vant enfin dans des maisons habitées. Combienun pain levé leur paraissait une nourrituredélicieuse, quelle douceur inexprimable ilstrouvaient à le manger assis, et comme en-suite la vue d’un faible bataillon encore armé,en ordre , et vêtu uniformément, les frappaitd’admiration ! Il semblait qu’ils revinssentdes extrémités du monde, tant la violence etla continuité de leurs maux les avaient arra-chés et jetés loin de toutes leurs habitudes ,tant l’abîme d’où ils sortaient avait été pro-fond.

Mais à peine commençaient-ils à goûter cettedouceur que le canon des Russes tonna sureux et sur la ville. Ces bruits menaçants, lescris des officiers , les tambours qui rappelaient,aux armes, les clameurs d’une foule de mal-heureux qui arrivaient encore , remplirentYilna dune nouvelle confusion : c’était l’a-vant-gardc de Kutusof et de Tcliaplitz, com-mandée par Orurk, Landskoi et Seslawin. Ilsattaquaient la division Loison , qui couvrait àla fois la ville et la marche d’une colonne decavaliers démontés, dirigés par Newtroky surOlita.

On essaya d’abord de résister. De Wrede etses Bavarois venaient aussi de joindre l’armée