PRÉFACE. vi;
Ces tableaux, & à la fin de ì’Ouvrage son pinceau n’estpoint affoibli. Il a plus fait encore: dans des Fables quise ressemblent, parce que souvent ce sont des Nym-phes changées ou en Arbres, ou en Rochers, ou enFontaines, il a sçumettre des nuances délicates qui lesdistinguent les unes des autres. Aglaure métamorpho-fée en Rocher, est différente d’Anaxarette, qui éprou-ve le même changement. Les Héliades, qui devien-nent des Peupliers, ne ressemblent ni à Daphné, ni àDryope, qui font aussi changées en Arbres. Aréthuse ôcCyane, métamorphosées Tune ôt l’autre en Fontaines,n'ont rien de commun, même dans le détail de leurchangement. Ce font toujours de nouvelles images ,des beautés singulières. Uni dans les narrations, pathé-tique, tendre & touchant dans les monologues, élevédans les harangues, Ovide sçait faire passer-imper-ceptiblement le Lecteur d’une Fable à une autre pardes liaisons souvent fort ingénieuses. 11 a feu même ,dans une matière obscure, garder une espèce d’ordreChronologique. On le volt en effet, après avoir com-mencé par le Cahos ôc le Déluge, Rapprocher d’évé-nement en événement, jusqu à la mort de Jules César,par où il a fini cet ingénieux ôt pénible Ouvrage.
Ce n’est point cette sorte de respect qu’o n a pourun Auteur que l’on traduit, qui m’engage à faire cetéloge des Métamorphoses d’Ovide. Parmi tant debeautés avouées presque de tout le monde, je ne laissepas de trouver des défauts, ôc la franchise avec laquelle