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Tome premier.
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VIII
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viij PRÉFACE.

je vais les exposer, justifiera suffisamment les louangesque je viens de donner à ce Poëte.

Ovide avoir un génie extrêmement fécond, ôt lesexpressions les plus heureuses sembloient venir delles-mêmes se placer dans les endroits les plus difficiles àexprimer. Mais cette fécondité même est devenue undéfaut chez lui : il na pas feu la ménager, ôc sest troplivré aux saillies de son imagination. Aimant à épui-ser ses sujets, il ne croyoit jamais en avoir assez dit.Éloigné de cette sage retenue qui laisse toujours quel-que chemin à faire aux Lecteurs, Ovide, pour vouloiravoir trop desprit, leur ôte le plaisir den avoir eux-mêmes : trop diffus, il seroit fâché doublier la moin-dre circonstance. On peut ajouter encore quil jouetrop souvent sur les mots, & quil court après les poin-tes. Sil veut peindre le trouble ôc la consternation dePhaëton, il l'aveugle au milieu même de la source dela lumière :

Suntque oculis tenehrœ per tantum lumen obortee.

Metam. Lib. II.

II appelle les devoirs funèbres que rend Apollon àÇoronis,

Injujìaque jujta peregit.

Lib. II.

jouant ainsi fur le mot jusia, consacré à cette sorte dedevoirs.

LorsquAlcyone dit quil lui semble quelle éprouvetoutes les horreurs du naufrage de Ceyx > le Poëte la

fait