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PRÉFACE.
mêmes choses dites plusieurs fois, les rendoient sup-portables. Parmi nous, soit manque de synonymes,soit que par vivacité nous aimions à courir fans cesseà de nouvelles images , fans nous fixer trop long-temps fur la même , les répétitions nous paroissentpresque toujours ennuyeuses. Les détails ausii tropcirconstanciés nous déplaisent par la même raison ; ilsnous arrêtent trop long-temps fur le même objet.Contens d'apprendre, par exemple, qu’une personnea été changée ou en Fontaine , ou en Arbre, noussommes choqués des détails anatomiques , dans les-quels Ovide entre pour décrire ces changemens. LePoète, paré des plus belles expressions, devient froid ,& le Traducteur, à qui elles manquent souvent, lan-,guit encore davantage.
On concevra facilement que tout ces détails doi-vent faire beaucoup de peine à un Traducteur ; maisce qui m’a le plus coûté a été de rendre dans uneLangue chaste, un Poète qui Test peu. Les Méta-morphoses , à les bien définir, ne font que l’histoiredes paissons des Dieux & des Hommes , sur-tout deleurs amours, & les effets de cette dernière passion y tfont toujours exposés avec trop de licence. Les por-traits que fait Ovide dans ces occasions font trop vifs ;la pudeur y est peu ménagée, & c'est dans ces endroits-là seulement qu’il ne donne que trop à penser. J’es-père que les précautions que j’ai prises, pour ne meservir d’aucune expression qui pût blesser les oreilles