PRÉFACE. x j
délicates , seront du goût de ceux qui Rapprennenti’histoire des foibleíses des grands Hommes, que pourtâcher de s’en garantir. J’avois bien senti tout le poidsd’une entreprise si difficile à exécuter. Je sçavois lapeine qu’on a lorsqu’il s’agit de faire passer les beautésd’une Langue dans une autre ; que la difficulté crois-soit à mesure que l’Auteur qu’on entreprend de tra-duire a plus de génie ôc d’imagination ; qu’elle étoitencore plus grande lorsque cet Auteur aime les jeuxde mots , les pointes & les détails ; enfin, qu’elle de-venoit presque insurmontable, lorsqu’il s’agissoit d’unOuvrage en Vers, dont la beauté consiste en partiedans la mesure, la cadence & l’harmonie ; dans desimages vives , dans des métaphores hardies, & dansdes comparaisons fréquentes. Le succès de la plupartde nos Traductions m’avoit appris que ces comparai-sons , ces métaphores, ces images, devenoient sou-vent languissantes dans notre prose ; ôc que quand ilseroit possible d’en remplacer les beautés par l’élégan-ce du style, & par la richesse de l’expreffion , l’har-monie du moins, & la cadence, étoient en pure pertepour le Traducteur.
Effrayé à la vue de ces difficultés, je me refusois àun travail que je croyois au-dessus de mes forces.Comme je m’étois toujours appliqué à une forte d’é-tude, où il me suffifoit de prendre le sens des Auteursque je devois citer, fans m’embarrasser ni des tours ,ni des expressions, je ne m’étois jamais occupé à tra-
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