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Tome premier.
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XII
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PRÉFACE.

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duire, & je ne pouvois me résoudre à commencerpar un Ouvrage difficile & de longue haleine, lors-quenfìn je me rendis aux avis sages & judicieux dunepersonne*, qui est auffi connue parmi les Sçavans ,par fa générosité , son goût & sa politesse, que par lajustesse de son esprit, sa sagacité & son érudition. Jeusmême la vanité de croire que je réussirois, par la rai-son quil me crut propre à réussir.

On a donné dans ces derniers temps de très-bonnesrégies pour bien traduire. La meilleure & la plus sûreest de sattacher à lesprit de lAuteur que lon tra-duit , plutôt quà ses paroles. Les Langues ont cha-cune un tour, un ordre, un génie qui leur est parti-culier. Ce qui est élégant en Latin , rendu dans lemême tour en François, devient froid & insipide. IIne suffit pas quune Traduction soit simple, claire ;correcte, & quelle rende exactement les pensées dunAuteur, il faut encore quelle rende fa délicatesse, ôctoute son élégance. Si on sattache trop à la lettre,on devient dur & froid, comme le dit Horace (a) ; fion sen écarte trop, on court risque de donner ses pro-pres pensées pour celles de lAuteur original (b).

Moins occupé à rendre le nombre que la valeur desmots , lInterprète doit sçavoir à propos séloignerégalement dune contrainte servile & dune liberté

* M. de Boze , Secrétaire perpétuel de lAcadémie desBelles-Lettres.

(a) Art. Poët. ( b ) Cic. de Orat,