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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. «J

Il fallut toute l’énergie du général Marbot, qui avait provisoirement succédéà Chainpionnet, pour empêcher une désertion générale.

Le premier soin de Bonaparte , devenu maître du gouvernement, fut de fairesuccéder à une autorité factice une volonté puissante, de ramener l’ordre dansl’état et la confiance dans l'armée, de faire, en un mot, la France telle qu'ill’avait laissée en partant pour l'Égypte . C’était surtout l’armée qui avait fixéson attention, ainsique nous l’avons dit, car elle avait perdu cet enthousiasmeque lui avait donné le succès. Abandonnée à la misère, mal nourrie, mal en-tretenue, elle ne se recrutait qu’avec peine et ne se soutenait plus que par lesouvenir des victoires passées. Masséna en Helvétie, Brune en Hollande, avaient,il est vrai, arrêté les progrès de la coalition par des victoires; mais l’Italie étaitperdue et l’enthousiasme patriotique avait cessé.

Instruit de la cruelle situation de l’armée d'Italie, il se hâta de lui envoyerdes secours, et confia le commandement en chef de cette armée à Masséna, leseul homme peut-être capable de remédier à tant de désastres.

L’arrivée de Masséna au quartier-général fut précédée de la proclamationsuivante :

« Bonaparte, premier consul de la république, à l’armée d'Italie :

« Soldats !

« Les circonstances qui me retiennent à la tête du gouvernement m’empê-chent de me trouver au milieu de vous.

« Vos besoins sont grands, toutes les mesures sont prises pour y pourvoir.

« La première qualité du soldat est la constance à supporter les fatigues etles privations.

« Plusieurs corps ont quitté leurs positions, ils ont été sourds à la voix deleurs officiers.

«Sont-ils donc morts les braves de Castiglione, de Rivoli, de Neumark !Plutôt que de quitter leurs drapeaux, ils eussent péri ou ramené leurs jeunescamarades au devoir et à l’honneur.

« Soldats! vos distributions ne vous sont pas régulièrement faites, dites-vous?Qu’eussiez-vous fait si, comme les 21 e et 22 e légers, les 48 e et 32 e de ligne,vous vous fussiez trouvés au milieu du désert, sans pain ni eau, mangeant ducheval et du chameau? La victoire nous donnera du pain! disaient-ils, et vous,vous désertez vos drapeaux.

« Soldats de l’armée d’Italie! un nouveau général vous commande; il futtoujours à l’avant-garde dans les plus beaux moments de votre gloire. En-tourez-le de votre confiance, il ramènera la victoire dans vos rangs.

« Signé : Bonaparte , premier consul. »

A son arrivée, Masséna donna tous ses soins à la réorganisation de son armée,et s’apprêta à cette grande lutte qu’on nomme la défense de Gênes. Bonaparte ,de son côté, préparait, dans le silence du cabinet, cette rapide et merveilleusecampagne d’Italie dont Marengo fut le dénoûment.

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