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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.

Miollis, revêtu par moi de pouvoirs extraordinaires, commande en mon ab-sence; dévouez-vous, multipliez-vous et reposez-vous sur mes efforts. »

Le 9, il partit de Gênes à onze heures du matin, et établit son quartier-généralà Cogoletto, décidé à prendre résolûment l'offensive. En effet, il ordonna aus-sitôt l’attaque du poste de Macarrollo, dont les Autrichiens venaient de s’em-parer. Ceux-ci acceptent le combat, mais ils sont forcés sur tous les points parune charge extrêmement vive. Ils perdent, sans compter leurs blessés, 2 canonset 600 prisonniers, et sont contraints d’abandonner la position retranchée deCampo-Freddo.

Le but du général Masséna était atteint : les communications avec Suclietétaient rétablies, les derrières de la division Gazan étaient assurés; mais, parsuite même de cette victoire, le général Soult se trouvait hors d’état de con-courir aux opérations du lendemain. En effet, ce général s’était porté dèsquatre heures du matin sur Sassella; là il apprit la marche d'un corps autri-chien sur la Verreira, dans le dessein de couper la retraite du général Mas-séna. Soult marche aussitôt sur ce corps d’armée, le rencontre à Sassella, lemet en déroute et lui enlève 300 prisonniers et 200,000 cartouches.

Cependant Masséna continuait de s’avancer dans le pays montueux avec ladivision Gardanne , comptant sur la coopération de la division Soult, dont ilignorait les combats. 11 rencontre une colonne ennemie, qui se portait dans lamême direction en suivant le mamelon opposé. Un combat s’engage, inégalquant au nombre, car les Autrichiens déploient des forces décuples. Mais Mas-séna rétablit l’équilibre par sa présence, et Masséna, selon l’expression mêmedes ennemis, vaut à lui seul 20,000 hommes. Huit heures durant, 1,200 Fran-çais soutiennent contre 10,000 Autrichiens un engagement terrible.

Masséna espère toujours que le général Soult arrivera enfin; cette espé-rance se communique de rang en rang et redouble le courage des soldats.D’ailleurs Masséna est toujours avec les tirailleurs et se montre partout où il ya du danger. Mais la division Soult n’arrive pas. Déjà cependant les Français ontsoutenu six attaques de front de l’ennemi et les ont six fois repoussés victorieu-sement sans pouvoir profiter de leurs succès à cause de leur petit nombre;déjà les généraux Gardanne , Cerize et les aides-de-camp du général Massénasont hors de combat, ainsi que la plupart des chefs des corps; mais le généralen chef se multiplie pour suppléer à l’absence de ceux qui tombent et pourexciter le courage de ceux qui restent.

Les Autrichiens, désespérant, malgré la faiblesse des Français , d’enleverleurs positions de vive force, prennent la résolution de les tourner, et ce mou-vement les oblige à faire retraite. Masséna, dont la résolution semble grandiravec le danger, projette pendant la nuit de reformer ses troupes en une seulemasse, de se réunir au corps du général Soult et de manœuvrer sur les diffé-rentes divisions de l’ennemi. 11 fait appeler le général Freyssinet et les chefs decorps, leur communique son plan et leur donne des ordres. « Il est une heuredu matin, dit Masséna, nous avons quatre heures de nuit, c’est plus qu’il nenous en faut. »