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Tome troisième.
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HISTOIRE DE L’ARMÉE

Vers la fin d’avril, on apprit les premiers mouvements de l’année de ré-serve; mais on apprit en même temps que le général Mêlas s’apprêtait à frapperun coup décisif.

En effet, le 20 avril, à deux heures du matin, la position des Deux-Frèresfut attaquée très-vivement; la ligne du Ponent le fut aussi par les chaloupescanonnières; enfin, les ennemis se présentèrent sur un troisième point, leLevant, et, sur tous les points, ils déployèrent de nombreuses colonnes sou-tenues par de fortes réserves. Plusieurs postes retranchés sont forcés ; le fortde Quezzi est enlevé, celui de Richelieu est bloqué et celui de Saint-Martind’Albara pressé vivement. Masséna accourt ; il fait cesser les tiraillements, re-forme les bataillons et les ramène au combat, et il arrêtel’ennemi. Cepen-dant celui-ci s’est emparé de la position des Deux-Frères et il bloque le fortDiamant. En même temps 400 Autrichiens passent la Polcevera à la droitede Saint-Pierre, rejettent sur les hauteurs le bataillon qui tenait cette position,et, soutenus par le feu de toute la ligne, pénètrent dans le village jusqu’àl’intersection des chemins; mais ils sont bientôt chargés à la baïonnette et re-jetés de l’autre côté de la rivière.

La brigade chargée d’occuper le revers de la montagne où se trouve le fortde l’Éperon est attaquée aussi dans cette position; mais, après deux heures d’uncombat très-vif, l’ennemi est culbuté et 50 prisonniers restent au pouvoir decette brigade.

Dans cette attaque générale, les Autrichiens avaient engagé 25,000 hommes

Vers les deux heures de l’après-midi ils étaient repoussés de tous les côtés,excepté vers la position des Deux-Frères, qu’ils avaient enlevée, et d’où ilsmenaçaient la Madona del Monte et Albaro . Ce dernier point est le seul quipermette de bombarder Gênes . Masséna résolut de les chasser de cette posi-tion. C’était une résolution audacieuse, mais dont la hardiesse même devaitamener le succès.

Le général Soult est chargé de conduire l’attaque des Deux-Frères : Mas-séna dirige sur un autre point la division Miollis. La lutte recommence bientôt,plus terrible qu’auparavant; Masséna défend de tirer inutilement et fait aborderpartout l'ennemi à la baïonnette. Près du fort Quezzi l’attaque est si vive et lesdeux partis se trouvent si rapprochés qu’on ne peut faire usage des armes à feu.On se bat corps à corps, à coups de pierres et de crosse de fusil. Enfin les Autri-chiens sont repoussés, le fort Quezzi. est repris par la division Miollis; la posi-tion des Deux-Frères Test également par le général Soult, et cette journée, laplus glorieuse du blocus pour les armes françaises, coûte aux ennemis 4,000hommes, dont 1,600 prisonniers.

Masséna accorda un jour de repos à ses troupes victorieuses, mais le lende-main il les conduisit à l’ennemi pour enlever la position de la Coronata, quiavait été garnie de canons et fortifiée avec soin. Mais cette attaque fut infruc-tueuse. Le général Guyon y fut blessé, l’adjudant-général Faltuiri y trouva lamort et un obus éclata aux pieds de Masséna.

L’attaque de front se fit sur trois colonnes et réussit d’abord; mais les Autri-