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Tome troisième.
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ET DE TOI’S LES RÉGIMENTS. 17

chiens reprirent vigoureusement l’offensive et tirent replier à leur tour lesvainqueurs.

Pendant ce temps, le général Soult opérait victorieusement son mouvement.Il avait divisé ses forces en une avant-garde et en un corps de bataille. Le gé-néral d’Arnaud commandait l'avant-garde.

Après plusieurs heures de marche, le général d’Arnaud parvient à cou-ronner la crête des montagnes et coupe le chemin de Sari. Dans ce trajet,il avait livré plusieurs combats et fait plus de G00 prisonniers du régiment deJordis et des chasseurs de Brentana, malgré des difficultés de terrain telles,que, pour franchir un ravin extrêmement profond et escarpé, il fut obligé defaire passer ses soldats un à un sur une seule échelle et sous un feu meurtrier.A peine eut-il 50 hommes de l’autre côté, qu’il ordonna de charger l'ennemiet lui fit 100 prisonniers. A leur tour les Autrichiens, voyant tous les cheminsde retraite coupés, voulurent chercher un passage à travers un ravin profondet escarpé; les soldats français se hâtèrent de faire rouler d’énormes pierresdans ce ravin, et empêchèrent ainsi l’exécution de cette tentative.

Cependant le général d’Arnaud, étant très-éloigné du corps de bataille,fut assailli par un corps ennemi d’une force numérique de beaucoup supé-rieure à celle de sa petite colonne. Sa position était des plus critiques; néan-moins ce général soutint plus de deux heures un combat inégal sans perdreun pouce de terrain, et donna le temps au général Poinsot de venir le dégager.

Enfin l’arrivée d’un bataillon de la 2 e de ligne changea cette défensive longueet difficile en une offensive brillante, et la présence du général Soult la renditvictorieuse. En effet, ce général fit réunir en colonne serrée la 2' de ligne etles grenadiers, ordonna à la 24 e de marcher sur le flanc droit de l’ennemi, àla 25 e légère de se porter sur le flanc gauche; puis, ces dispositions prises,la charge battit, et l’ennemi surpris fut culbuté du haut des rochers. Plus de800 Autrichiens roulèrent dans les abîmes.

C’est à ce combat qu’eut lieu le trait suivant, que Masséna aimait tant à racon-ter. Lors de la désertion d’une partie des corps de l’armée d’Italie, la 25 e légèreavait été chargée de désarmer une partie de la 24 e de ligne : depuis cette épo-que, il existait entre ces deux demi-brigades une violente inimitié qui, plu-sieurs fois, s’était manifestée par des duels et des rixes sanglantes : aussi crai-gnait-on de les rapprocher. Mais, dans cette journée, ces deux corps rivalisè-rent tellement de courage et de dévouement que, pleins d’estime l’un pourl’autre, ils s’embrassèrent spontanément sous le feu de l’ennemi, et firentabjuration de toute inimitié. Puis, pour rendre cette réconciliation plus écla-tante, la moitié de la 25 e passa dans la 24 e et la moitié de cette demi-brigadedans la 25 e ; ainsi mêlés, les deux corps continuèrent de combattre jusqu’à lafin de la journée.

Le général Soult, après avoir enlevé deux camps et plusieurs retranche-ments, venait de pénétrer dans Monte-Cretto, défendu par de nombreux ou-vrages et par une ligne de troupes soutenues de plusieurs réserves, lorsqu’unorage, le plus violent et le moins attendu, sembla confondre tout à coup la

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