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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.
Vendée , d’où il tira sept demi-brigades excellentes dans lesquelles il encadraune partie des bandes de chouans qui venaient de déposer les armes. Il tiraégalement des dépôts de l’armée d’Égypte quatorze bataillons. Enfin il réunitdans les divers dépôts d’artillerie, et notamment à Auxonne, Besançon etBriançon , un matériel de 60 bouches à feu. Ardent et infatigable au travail,Bonaparte présidait à cette organisation, s’élevant dans ses projets aux com-binaisons les plus vastes et descendant ensuite aux détails les plus minutieux.Armement, administration, personnel et matériel, tout lui passait par lesmains, rien ne lui était étranger. Il y avait déjà deux mois qu’il préparait ensecret cette immense organisation, sans que rien n’eût transpiré en Europe ;il s’agissait maintenant de concentrer ces forces disséminées et de les concen-trer sur un point convenable, sans donner l’éveil sur ses projets. En consé-quence, il fit annoncer avec beaucoup de pompe la création d’une armée de ré-serve forte de 60,000 hommes et sa réunion à Dijon . Berthier, ainsi que nousl’avons déjà dit, reçut le commandement en chef de cette armée. Il se renditen toute hâte à sa destination pour presser la formation des premiers cadres.C’était une feinte pour tromper les cabinets de l'Europe attentifs aux premièresdémarches de cet homme extraordinaire, car on prévoyait que, dans celte luttesuprê me, les destinées de la république et peut-être celles de l’Europe allaient êtreengagées. Les espions affluèrent aussitôt à Dijon ; mais, au lieu de ces batail-lons nombreux qu’on annonçait pompeusement, ils ne virent que quelquescadres remplis par de vieux officiers, invalides la plupart, et par de jeunessoldats qui n’avaient jamais vu le feu. On ne crut pas à la formation de cettearmée. On répandit le bruit que le gouvernement consulaire, en annonçantcette nouvelle, avait voulu effrayer le général Mêlas et le détourner de ses pro-jets sur le Var . On fit des caricatures et des plaisanteries de tout genre surcette armée. A Londres , on s’égaya beaucoup de la réunion d’invalides et deconscrits que les dessinateurs représentaient sous la forme d’un enfant don-nant la main à un invalide à jambe de bois. Pendant ce temps, les véritablesdivisions de l’armée de réserve s’acheminaient secrètement vers la Suisse , àGenève et à Lausanne , et passaient pour des renforts envoyés à l'armée duRhin. Vers les premiers jours d’avril, toute cette armée était réunie sur lesfrontières de l’Est, prête à entrer en campagne.
Restait à déterminer le point par où l’armée pénétrerait dans le Piémont.Le général Bonaparte était incertain s’il devait porter d’abord son armée àgauche par le Saint-Gothard , ou à droite par la vallée du Tésin. Des reconnais-sances furent ordonnées sur toute la ligne depuis le Furca jusqu’au Mont-Blanc . Tous les rapports des officiers de génie s’accordèrent à regarder leSaint-Bernard comme la direction la plus convenable à donner à l’armée deréserve. Ce dernier passage était connu d’ailleurs; on savait qu’il était fré-quenté par les muletiers, mais on savait aussi qu’il n'était point praticablepour le canon dans la vallée d’Aoste , dans une étendue de dix lieues, et enfinque la route, dans ces dix lieues, était très-dangereuse pour les piétons à l’é-poque de la fonte des neiges. On savait, en outre, que le passage de la vallée