Band 
Tome troisième.
Seite
33
JPEG-Download
 

ET DE TOUS UES REGIMENTS.

33

avec le détachement du Simplon, fut placé à Arona, route du Saint-Golhard,en cas de retraite. Gilly occupa Milan avec 3,000 hommes. Lorgcs s'établit àUodi, sur l'Adda, et Lojson à Plaisance et à Crémone. De cette manière, il gar-dait le Tésin avec 9,000 hommes, et le cours inférieur du Pô et de l’Adda avec10,000 hommes, et il pouvait, en moins de douze heures, voler au secours deceux de ses lieutenants qui se trouveraient attaqués.

Mêlas, cependant, parti de Turin le 8 au soir, avec les corps de Kaim etd’Haddick, se dirigeait vers Asti. Elsnitz le suivait par Alba. Ott , arrivant deGènes par la route de Tortone , se présenta à Stradella le 9 au matin. Il rame-nait avec lui le général Oreilly, qu’il avait rallié. Ne pouvant se persuader quele gros de l’armée française eût passé le Pô, il résolut de tenter un coup demain vigoureux sur Plaisance. Il avait 17 ou 18,000 hommes. Mais déjà la di-vision Watrin l’avait prévenu en refoulant son avant-garde sur Rivalla. Ott ,en arrivant à Casteggio, fit attaquer à la fois les hauteurs de droite et la ville.Sa réserve occupait Montebello. Lannes n’avait sous la main que 8 à 9,000hommes. Il fut un moment ébranlé en voyant tant de troupes; mais, connais-sant l'importance de la position et certain d'être secouru dans la journée, iln’hésita pas à accepter la bataille. 11 résolut de s’emparer du bourg de Casteg-gio, situé au pied du contre-fort de l'Apennin , qui vient aboutir vers Stradella,dans la plaine du Pô . Les Autrichiens y avaient établi de nombreuses batteries.Lannes, manœuvrant par sa gauche, chercha à couronner les hauteurs et fitattaquer sur tous les points à la fois. Déjà les Français étaient près de s’empa-rer des positions attaquées, lorsque l'arrivée de l’infanterie autrichienne ar-rêta leur triomphe. Ceux qui avaient gravi les hauteurs furent culbutés.Lannes, qui s’était placé à la tête des colonnes, soutenait ses troupes sous unfeu violent et retardait tant qu’il pouvait l’heure de la retraite, dans l’espé-rance des renforts que Bonaparte devait lui envoyer. Mais les renforts ne pa-raissaient point, et le feu de l’artillerie et de la mousqueterie des Autrichiensperçait à jour ses faibles lignes. Il allait se replier, lorsqu’il aperçut l'avant-garde de la division Chambarlhac. Aussitôt le combat se rétablit à la droite,au centre et à la gauche. Le bourg de Casteggio fut pris et repris plusieurs fois.Enfin, à la gauche, le général Rivaud s’empara des hauteurs et se rabattit en-suite sur les derrières de Casteggio; à la droite, cette position venait d êtretournée; au centre, le bourg était également enlevé par Watrin. Les colonnesde droite et de gauche dirigées par Chambarlhac, tombant ensuite sur la ré-serve à Montebello, achevèrent la déroute des ennemis et firent un grand nom-bre de prisonniers. Celte journée, qui valut au général Lannes le baptêmearistocratique de duc de Montebello, coûta aux ennemis o à 6,000 hommeshors de combat. Ott, poursuivi vivement, se relira vers Alexandrie .

Bonaparte arriva à Casteggio au moment où la bataille finissait. Il félicitason digne lieutenant et ses braves soldats, qui, inférieurs en nombre de plusd’un tiers, avaient remporté une victoire si importante au début de la cam-pagne. Trois jours se passèrent on observation. Gênes était prise; Bonaparte n’avait plus à se presser pour agir. C'est pendant cette espèce de trêve qu’arriva