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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES JUGEMENTS.

((lies demi-brigades essaient de reprendre l’offensive sur tons les points.Lannes fond avec impétuosité sur Kaim et le rejette dans le Fontanone; Gar-danne avec sa division mutilée tente de reprendre Marengo, et CarraSainl-Cyr est déjà maître des premières maisons de Castel-Ceriolo. Mais legénéralissime autrichien redouble d'efforts, il porte ses colonnes réunies surMarengo, et, débouchant de ce village, achève de compléter la déroute denotre aile gauche. Bonaparte est forcé de songer à se replier, il fait retirerses troupes, mais en bon ordre, vers Castel-Ceriolo, où il s’est ménagé uneretraite assurée par Soli vers les bords du Pô. Le mouvement rétrograde sel'ait lentement. Bonaparte espère à chaque instant voir déboucher la divi-sion du général Desaix auquel il a envoyé, coup sur coup, de pressantsmessages. Mais Desaix ne paraît pas, et les masses ennemies s'avancenttoujours précédées de 80 bouches à feu. La garde consulaire, véritable cita-delle mouvante, se retire au pas comme à l’exercice, et résiste aux chargesréitérées de la cavalerie ennemie et à la grêle de mitraille qui balaie laplaine. Lannes, lui aussi, se couvre de gloire. A la tète de 4 demi-brigades(les 6 e , 22 e , 28“ et 40 e ), il soutient les efforts de l’ennemi avec une constance,une fermeté digne d’une éternelle admiration. Il met deux heures à parcourirtrois quarts de lieue, et, quand l'ennemi devient trop pressant, il arrête sesdemi-brigades, les forme en colonne, et les précipite sur lui. La plaine est cou-verte de feu, de cadavres et de débris, et Desaix, la dernière espérance deBonaparte , Desaix n’arrive pas... Il était trois heures. Mêlas, (pii avait eu deuxchevaux tués sous lui et qui avait reçu une légère blessure, croyant la victoireassurée, retourna à Alexandrie pour annoncer cette nouvelle à Gènes, à Turin et à Vienne. Il laissa à son chef d’état-major Zach le soin de terminer la jour-née et de recueillir le fruit de la victoire, et ce fruit si chèrement acheté,c’est la grande route de Plaisance, saint de l’armée autrichienne. Ce généralforme son armée en colonne de marche sur une lieue de profondeur.

Pendant ce temps Desaix arrivait à marches forcées. Dirigé la veille versNovi, il s’était arrêté aux premiers coups de canon tirés dans la plaine de Ma-rengo, et avait marché vers le lieu de l’action pendant que les aides-de-campde Bonaparte le cherchaient vers Novi. Cette inspiration, qui honore le géniemilitaire de Desaix , devait avoir les plus heureux résultats. Après avoir mar-ché toute la journée, il arrivait enfin vers San-Giuliano. Il était près de quatreheures. En ce moment les troupes françaises occupaient les positions suivan-tes : Lannes, retiré entre Yillanova et la Boschetla, échangeait encore quelquescoups de canon avec l’avant-garde de Ott ; Victor, protégé par la cavalerie deKellermann et de Champeaux, avait réuni les débris de son corps d’arméedans le défilé de San-Giuliano. Carra Saint-Cyr, campé dans Castel-Ceriolo,n’avait pu empêcher Ott d’avancer vers Yillanova. La cavalerie de Rivaud, dé-bouchant vers Piovera, inquiétait seule la gauche de Ott . L’arrivée de Desaixchangea en peu de temps la face des choses : ce brave général, devançant lui-même sa division s’était porté au galop de son cheval auprès du premierconsul, et, tout plein de l’inspiration de la victoire, il l’engagea, dit-on, comme