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Tome troisième.
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ET DE 11)(JS J,ES REGIMENTS .

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Saint-Bernard, affrontant des dangers inouïs, tels, qu’il faut remonter auxpages de l’histoire ancienne pour lui trouver un point de comparaison (1); parcette armée qui, à peine descendue en Italie , surprend, étonne, confond, dis-perse les ennemis par la rapidité de ses marches, par l’audace de ses manœu-vres, lui enlève au pas de course ses magasins, ses arsenaux, ses fonderies etjusqu’à ses équipages de siège, et qui, s’élevant par l’intelligence à la hauteurdu génie du grand général, ne manque aucune des manœuvres qui doivent as-surer l’exécution littérale de son plan de bataille; par cette armée qui, à Ma-rengo, résiste, un contre trois et sans artillerie, à toute l’armée autrichienneprécédée de 200 bouches à feu, la tient pendant plus de huit heures en échec,et, toute mutilée et sanglante qu’elle est, hésite encore à abandonner le champde bataille, sillonné en tous sens parles bouletsennemiset jonché de ses cadavres;par cette armée enfin qui, après huit heures d’une pareille lutte, quand ses ad-versaires la croient épuisée, vaincue, démoralisée, dispersée, se relève tout àcoup, se reforme, reprend ses rangs, et, suivant l’impulsion donnée par la di-vision du général Desaix, recommence le combat avecune nouvelle ardeur, briseà son tour leurs bataillons victorieux, et bivouaque sur ce champ de bataillesanglant et dévasté, qui avait coûté aux ennemis huit heures de combat, etqu’elle lui a repris en moins d’une heure! De tels efforts sont dignes de lapostérité. Gloire donc, gloire éternelle à cette armée de réserve, qui a gravé àMarengo une des plus belles pages de notre histoire militaire!

Quittons maintenant les champs de l’Italie et revenons à l’année du Rhin ,qui avait, elle aussi, une grande et belle mission à accomplir.

( 1 ) On a comparé ce passage (les Hautes-Alpes avec celui des soldats d’Annibal. Il seraitplus juste, plus national surtout, de le comparer à celui des soldats de François I er , quiallèrent vaincre à Marignan, le Marengo du xvi e siècle. En effet, la marche d’Annibal à tra-vers les Alpes doit être regardée plutôt comme un événement merveilleux que comme unexemple à suivre. Le général carthaginois n’eut à vaincre que les obstacles de la nature et celuides populations sauvages de ces montagnes. Il était assuré d’ailleurs qu’il ne serait point inquiétépar les Romains et qu’il trouverait un appui parmi les Gaulois cisalpins. Les Romains connais-saient si peu à cette époque les Alpes maritimes et la Ligurie , qu’à peine le consul Seipion eut-il vu Annibal remonter la vallée de l’Isère , qu’il cessa de le poursuivre en queue, renvoya le grosde son armée en Espagne pour y faire diversion, et s’embarqua pour Gênes afin d’aller attendrel’ennemi au revers de l’Apennin; singulier moyeu d’empècher l’invasion de l'Italie !

Plusieurs passages eurent encore lieu par le Saint-Bernard, lin siècle après Annibal, il servitde route militaire aux Romains, qui y iirent passer un corps d’armée, au cœur de l’hiver, à l’occa-sion des guerres d’Othon et de Vitellius . Les Lombards franchirent aussi le Saint-Bernard lors-qu'ils vinrent se faire battre aux environs de Bex par les troupes de Gontran. Un des lieutenantsde Charlemagne y conduisit une colonne pendant que ce prince passait le Monl-Cenis. Enfin, auxn e siècle, Frédéric Barberousse prit cette route pour pénétrer en Italie . Mais toutes ces arméesne traînaient ni artillerie, ni machines de guerre, ni éléphants, et ces passages sont peu dignes desregards de l’histoire. Le seul qui soit susceptible d’èlre mis en parallèle avec celui de 1800 estle passage de François I er . Nous avons déjà fait ressortir dans notre premier volume les rappro-chements qui existaient entre ces deux passages, et nos lecteurs ont pu se convaincre que, sila marche de François I er fut moins habile sous le rapport des combinaisons stratégiques, elle nemérite pas moins d’être étudiée avec attention.

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III.